09 novembre 2009
Ressemblance
Naître nus dans ce monde que nous devons soumettre
Comme les premiers amants dont la chair s’est trouvée
Recevoir de nos pères à l’image du Maître
Des premiers vêtements aux plis de nos pensées
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Grandir : avoir pour être, avoir puis renoncer
Accueillir, recevoir, et non plus posséder :
Vivre et se reconnaître avec honnêteté
Pauvres de n’être pauvres, et s’admettre incarnés
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Et bâtir dans le temps, à notre convenance,
Selon ce que nous sommes, ce que nous recevons,
La courbure de nos traits faite à la ressemblance
Du désir où notre âme pose ses fondations.
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Qu’il est puissant et juste le cri de l’ecclésiaste
Qui des larmes du monde contient l’océan,
Car toujours aveuglés par le manque ou le faste,
Nous pleurons sur nos morts notre dépouillement.
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Pourtant plus désireux que nos cœurs désireux
L’humble et doux, le petit, le tendre Dit de Dieu
Espère en nos consciences couler sa voix profonde
Et conformer nos âmes à sa face féconde
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Pour nous transfigurer, pour nous combler de tout,
Du Tout qui n’est que Lui et qui se livre à nous.
Et nous, devant le choix qu’est Sa vie ou Sa mort,
Allons-nous Le tenir pour unique trésor ?
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le prêteur de Q. Metsys
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19 octobre 2009
Bergamote, elles sont où tes bottes?
Il tourne en rond, sans un mot
attendant sûrement que lundi passe
et puis mardi aussi, tourne autour du pot
la semaine est longue avant qu'il ne trépasse.
Inlassablement il refait les mêmes coins
dans cette ambiance humide
il s'étonne des expressions dont il s'oint
lorsque tout son élément sera putride.
Sans jamais se presser, sans nervsoité
il continue son infini labeur
il cherche, il trie, tête baissée,
son engagement n'est pas un leurre.
Je le vois qui rumine encore et toujours
mais ne comprends ses signaux,
on me dit qu'il rêve d'amour
et que parfois il en éclate en sanglots.
Dénué de tout charme et sans guère de style
il s'habille de couleurs écarlates
qui pourrait le voir, le prendre en estime
aussitôt sa colère éclate!
Regardez juste cette bouche trop grande,
et ces bras si mous...
que pourrait-il bien prendre
sans tomber à genoux?
Non,vraiment je le regrette,
et quoiqu'en pense mon amie Libel
je ne l'aiderai pas dans cette quête
plutôt me couper les ailes!
Car, croyez-moi bien,
il m'est suffisant de passer derrière un
pour n'en réclamer plus avant
même ayant deux pieds marins!
Aussi je refuse toute conversation
à son sujet ou à un autre,
si telle est votre intention,
ne me jugez pas, je suis des vôtres.
Je vous laisse devinez, mes bons amis,
la morale de cette courte poésie.
Il s'agit d'un être cher
qu'il nous faudra un jour rendre à la mer...

Jean Hélion, autoportrait au...
12 octobre 2009
prostration
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M’étendre devant Toi, m’étendre et m’abaisser,
M’étendre devant Toi, m’étendre et disparaître,
Sentir mes pieds, mes mains, tout mon être étiré
Aux pierres froides d’un sol où je viens te connaître.
h
Goûter le poids du corps qui s’imprègne du monde,
Enraciner sa vie dans la chair féconde,
Connaître l’abaissement qui unit à la terre
Et la fait dominée de la juste manière.
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Peser ma vie le long de ces quelques secondes
Qui versent l’Infini dans mon âme menue,
Et dans cet abandon où ma chair est tenue,
Accomplir en aimant ma vocation profonde.
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Je suis au pied de Toi, l’immense écartelé,
Et j’embrasse le bois dans ton ombre jeté :
Je la bois, je l’intègre, je me prosterne en elle
Et je goûte en T’aimant ta tendresse éternelle.
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Alors le grand manteau de ta miséricorde
Où ton Esprit de feu au mien couché s’accorde,
Etire sa douceur jusqu’en mon corps offert
Pour soutenir mon vœu de ton baiser de Père.
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Valloton
05 octobre 2009
J'ch'peux vous dire quelque chose?
J'ch'peux vous dire quelque chose?
Petite phrase qui ponctue ses jours
et qui rythme la maisonnée
le voilà qui s'approche avec amour
etdégaine la phrase aimée.
J'ch'peux vous dire quelque chose?
Petit garçon en devenance
qui a tant et tant à explorer
et qui a cette chance
d'avoir à qui demander.
J'ch'peux vous dire quelque chose?
Comme un hymne à la vie
qui s'écoule dans sa tête
donnant la main à ses amis
faisant de chaque jour une fête.
J'ch'peux vous dire quelque chose?
Pour celui qui intarissable
voudrait tant et tant
converser, usant de vocables
être entendu par les grands.
J'ch'peux vous dire quelque chose?
Explose dans mon souvenir
son visage, ses yeux bleus,
sa blondeur, son sourire,
et la promesse de nombreux jours heureux.
28 septembre 2009
larmes
O mon âme, je ne suis plus moi-même
je pleure des larmes salées sans savoir même
pourquoi. J'aime le goût de ces larmes
cette sensation amère au bord des lèvres parme
La fatigue me hante et les larmes me coulent,
soulageant la douleur de mon corps. Et toute saoule
de mes sens excités par ces traînées humides
qui rougissent mes yeux aux prunelles limpides
je me laisse envahir par la douceur montante
que procure le chagrin dans sa fin délivrante.
t
h
Flaming
16 septembre 2009
Loin derrière les sourires
loin derrière les sourires
là-bas se dresse mon île
sans peur, vraiment sans ire,
ma solitude faite ville
parfois d'autres y accèdent
dansent en moi de leurs mots
mon obstination cède
avant de fermer, clos
penser ensemble, jouir seul
oui partager ce temps
sans les discussions veules
décourager le printemps
oui, il m'est un grand rêve
d'une vie que j'aimerais
non pas plus folle ou brève
mais sans ces couperets.
oublier les grands cercles
en créer de meilleurs
redessiner des siècles
voir venir son heure.
quelle heure sonne la révolte
il faut trop de patience
pour rester dans sa grotte
et y tenter sa chance
mon ignorance est telle
oh, ne pas te connaître,
toi, humain, il ou elle,
même en te voyant naître.
souffrir de toute présence
vomir en toute conscience
les voix et les visages
les différences, les âges
non pas toi qui me vient
tu es le bienvenue
n'y vois là aucun frein
à chez moi ta venue
perspective d'un retour
de mes petites humeurs
au sein de nos amours
devra attendre son heure
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Serge Poliakoff
29 juin 2009
Rencontre dans la nuit
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Rencontre dans la nuit d’un cœur inanimé
Recevant le baiser de ta vie : l’Infini
Dans l’échange des souffles, mon corps émerveillé
Se réveille appuyé sans aucun appui
k
Les mots sont impuissants et déflorent d’eux-mêmes
Le silencieux phrasé, la douceur des heures
Passées à tes côtés, et l’extrême lenteur
Des caresses en secret qui font mon âme humaine
h
Et toi qui donnes tout, et moi qui donne à peine
Ce que si peu je puis, je vais à toi nourrir
Ma faim de l’Eternel, je vais en toi jouir
De ta présence frêle qui m’aspire et m’entraîne
j
Car la simplicité de l’abandon suprême
Où tu t’es déposé, et m’émeut et m’appelle
Alors pour t’honorer, mon Roi, je renouvelle
Mon don de l’ordinaire où j’avoue que je t’aime
j
le Rêve
Douanier Rousseau
22 juin 2009
Le sonnet tremblant
Je vis dans un espoir éternel, infini
mon heure de labeur ne connaît point de répit
étranger au monde sourd, je danse à l'abri
de ceux qui jadis prirent le nom de mes amis.
Mon Dieu, partez! Entendez! Fuyez, mais fuyez!
Quittez maintenant ces rives amères faites de peine!
Abandonnez ceux que vous serrez avec haine,
vous étouffez ce qui est sain, vous l'étranglez...
Offrez donc vos vies à des déesses inutiles,
toujours pensez-vous seuls, gavez-vous de futile,
gargarisez-vous dans l'effroi de l'egoïsme!
Tout est perdu, tout est perdu, quel héroïsme!
Pour ça, nous sommes quittes. Je rage, je serrre les poings!
Ouste violence! Cet abîme m'emporte donc. Loin...
15 juin 2009
Anniversaire
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Quand revient au printemps la date anniversaire
Du secret arrachement de mon ventre à la terre
Quand renaît ton visage dans mes yeux endeuillés
Miraculeux et calme, si beau inanimé :
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Petit, je me souviens de tout. Je me souviens
De l’attente inquiète, des jours allongés
De la douleur intense dans mon corps affligé
Et de son épouvante. Ah ! La souffrance me tient
f
Encore en souvenir. J’en crains mon avenir
Car j’ai vu ma faiblesse, j’ai touché ma misère :
Je me suis révélée à moi-même, amère,
Inhumaine et vidée. Il n’y a rien de pire,
f
Mon amour, rien, non rien que je puisse oublier :
D’avoir souhaité, Petit d’homme, que tout s’arrête,
D’avoir haï, Petit d’homme, les sages conseillers
Les médecins, les amis, et même ton père en tête
f
Parce que j’avais mal. Et personne ne le sait
Sinon toi, mon amour, toi, mon enfant perdu
Toi, mon trésor caché, mon souvenir défendu
Toi, Jean, le plus grand cadeau que la vie m’a fait.
f
Je sais intimement que tu es plus grand, Jean,
Plus grand que le plus grand des hommes d’ici-bas
Car accompli en Dieu. C’est moi qui suis l’enfant
A naître, prie pour moi, toi qui sais tout déjà
f
Veille sur moi, sur tes frères, sur la famille entière
Sur l’amour échangé de tes parents, sanctuaire
Du Bien-aimé. Mène-moi à lui, ma lumière,
Lui qui m’a relevé, enveloppé dans son suaire,
f
Pour me ressusciter. Je dois à ton absence,
Petit, tant de croissance, tant d’amour à donner,
Tant de grâces reçues, que je mesure ma chance :
De t’avoir en souffrant offert l’éternité.
f f
08 juin 2009
Naître et renaître encore
Redevenir tout petit, ne plus rien attendre
savoir que demain ne permet pas de comprendre
et compter les jours qui nous séparent du soleil
oublier les saveurs qui n'ont pas leur pareil.
Partir, avec vigueur, avec force, loin des autres
ne pas avoir peur de laisser derrière les nôtres
prier, louer, et encore se battre sans un sou
quand on sait, qu'on sent qu'on est vraiment rien du tout.
Connaître ses forces, les mesurer, les exploiter
mais jamais toutes avidement les dépenser
puis dans un dernier souffle, tout détruire dignement
refuser ce monde, intégralement le renier
sans réfléchir, sans rougir, et sans sourciller
recréer en soi ce qui reste de l'enfant.





