Le Poème du Lundi

les rimes seules sont de rigueur ici

30 novembre 2009

A Irena, A kum Novak...

Procession d'entrée
Ce n'est pas mon tour, ce n'est pas mon jour
pour louer Dieu et ses saints, tout l'amour.
Je profite de l'abandon de Libel
pour pousser quelques vers, vers l'Eternel.


Sonnet pour Nenad
La mort est à nos portes, sachons la reconnaître
elle s'invite dans nos foyers, s'apprête pour renaître
elle emporte avec elle tant et tant de nos vies
pas seulement un corps, une famille, des amis.

Lors quand l'appel débarque, tout est bien trop soudain,
on écoute et on s'en veut à peine d'y répondre
délaissant pinceaux, couleurs pour mieux se confondre
ses toiles, l'accent de la création, ses mains

mais si cruelle sois-tu, funeste, sauvage nouvelle
ne saurais-tu nous laisser finir nos chandelles
pour ce soir encore venir faucher sous nos yeux

un artiste, un ami, un frère et un amant
s'envolent avec lui joies et fêtes du temps d'avant
prions car il s'en va rejoindre en silence Dieu


Envoi
Il est tard, coeurs blessés de ceux qui savent
que déjà demain tu ne seras plus
de la peinture que tu laisses sort la lave
comme le dernier souffle que tu n'as plus su

Dame Libel, pardonne ces mots sourds et gauches
je laisse vite la vraie la place à ton ébauche
que ces vers pleins d'espoir apaisent les miens
enroulés dans un infini chagrin

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23 novembre 2009

Loin, loin

Loin, loin derrière les nuages, il y a ce cri
Le son étouffé de tes pas, tu pars déjà
me laissant face contre terre blessée dans la joie
je t'appelle, oui,  de toute mon âme qui se languit

mon coeur, de te savoir disparu, s'endurcit
je te fête sans relâche et je rêve d'un monde coi
plus fidèle au défilé de mes jours j'octroie
parenthèse où j'écrase les glèbes de mon ennui

et toi qui me fuit, ne sais-tu plus revenir
que pour hurler mon oubli, je préfère le pire
je me repends, je me repends, je me repends

pas de peine mon ami ne sois plus chagrin
nous sommes tous humectés dans le poids des ans
derrière les nuages, il y a ce cri, loin, loin


ivan_tsarevitch_loup_gris_Vasnetsov

Ivan Tsarevitch et le loup gris, Victor Vasnetsov   

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09 novembre 2009

Ressemblance

Naître nus dans ce monde que nous devons soumettre

Comme les premiers amants dont la chair s’est trouvée

Recevoir de nos pères à l’image du Maître

Des premiers vêtements aux plis de nos pensées

g

Grandir : avoir pour être, avoir puis renoncer

Accueillir, recevoir, et non plus posséder :

Vivre et se reconnaître avec honnêteté

Pauvres de n’être pauvres, et s’admettre incarnés

g

Et bâtir dans le temps, à notre convenance,

Selon ce que nous sommes, ce que nous recevons,

La courbure de nos traits faite à la ressemblance

Du désir où notre âme pose ses fondations.

g

Qu’il est puissant et juste le cri de l’ecclésiaste

Qui des larmes du monde contient l’océan,

Car toujours aveuglés par le manque ou le faste,

Nous pleurons sur nos morts notre dépouillement.

g

Pourtant plus désireux que nos cœurs désireux

L’humble et doux, le petit, le tendre Dit de Dieu

Espère en nos consciences couler sa voix profonde

Et conformer nos âmes à sa face féconde

g

Pour nous transfigurer, pour nous combler de tout,

Du Tout qui n’est que Lui et qui se livre à nous.

Et nous, devant le choix qu’est Sa vie ou Sa mort,

Allons-nous Le tenir pour unique trésor ?

g

le_pr_teur

le prêteur de Q. Metsys

Ecole primitive flamande

g

g

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19 octobre 2009

Bergamote, elles sont où tes bottes?

Il tourne en rond, sans un mot
attendant sûrement que lundi passe
et puis mardi aussi, tourne autour du pot
la semaine est longue avant qu'il ne trépasse.

Inlassablement il refait les mêmes coins
dans cette ambiance humide
il s'étonne des expressions dont il s'oint
lorsque tout son élément sera putride.

Sans jamais se presser, sans nervsoité
il continue son infini labeur
il cherche, il trie, tête baissée,
son engagement n'est pas un leurre.

Je le vois qui rumine encore et toujours
mais ne comprends ses signaux,
on me dit qu'il rêve d'amour
et que parfois il en éclate en sanglots.

Dénué de tout charme et sans guère de style
il s'habille de couleurs écarlates
qui pourrait le voir, le prendre en estime
aussitôt sa colère éclate!

Regardez juste cette bouche trop grande,
et ces bras si mous...
que pourrait-il bien prendre
sans tomber à genoux?

Non,vraiment je le regrette,
et quoiqu'en pense mon amie Libel
je ne l'aiderai pas dans cette quête
plutôt me couper les ailes!

Car, croyez-moi bien,
il m'est suffisant de passer derrière un
pour n'en réclamer plus avant
même ayant deux pieds marins!

Aussi je refuse toute conversation
à son sujet ou à un autre,
si telle est votre intention,
ne me jugez pas, je suis des vôtres.

Je vous laisse devinez, mes bons amis,
la morale de cette courte poésie.
Il s'agit d'un être cher
qu'il nous faudra un jour rendre à la mer...

CON_JEANHELION
Jean Hélion, autoportrait au...

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12 octobre 2009

prostration

h

M’étendre devant Toi, m’étendre et m’abaisser,

M’étendre devant Toi, m’étendre et disparaître,

Sentir mes pieds, mes mains, tout mon être étiré

Aux pierres froides d’un sol où je viens te connaître.

h

Goûter le poids du corps qui s’imprègne du monde,

Enraciner sa vie dans la chair féconde,

Connaître l’abaissement qui unit à la terre

Et la fait dominée de la juste manière.

h

Peser ma vie le long de ces quelques secondes

Qui versent l’Infini dans mon âme menue,

Et dans cet abandon où ma chair est tenue,

Accomplir en aimant ma vocation profonde.

h

Je suis au pied de Toi, l’immense écartelé,

Et j’embrasse le bois dans ton ombre jeté : 

Je la bois, je l’intègre, je me prosterne en elle

Et je goûte en T’aimant ta tendresse éternelle.

h

Alors le grand manteau de ta miséricorde

Où ton Esprit de feu au mien couché s’accorde,

Etire sa douceur jusqu’en mon corps offert

Pour soutenir mon vœu de ton baiser de Père.

h

vallottonluneo

Valloton

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05 octobre 2009

J'ch'peux vous dire quelque chose?

J'ch'peux vous dire quelque chose?
Petite phrase qui ponctue ses jours
et qui rythme la maisonnée
le voilà qui s'approche avec amour
etdégaine la phrase aimée.

J'ch'peux vous dire quelque chose?
Petit garçon en devenance
qui a tant et tant à explorer
et qui a cette chance
d'avoir à qui demander.

J'ch'peux vous dire quelque chose?
Comme un hymne à la vie
qui s'écoule dans sa tête
donnant la main à ses amis
faisant de chaque jour une fête.

J'ch'peux vous dire quelque chose?
Pour celui qui intarissable
voudrait tant et tant
converser, usant de vocables
être entendu par les grands.

J'ch'peux vous dire quelque chose?
Explose dans mon souvenir
son visage, ses yeux bleus,
sa blondeur, son sourire,
et la promesse de nombreux jours heureux.

Trish_Grantham07

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28 septembre 2009

larmes

O mon âme, je ne suis plus moi-même

je pleure des larmes salées sans savoir même

pourquoi. J'aime le goût de ces larmes

cette sensation amère au bord des lèvres parme

La fatigue me hante et les larmes me coulent,

soulageant la douleur de mon corps. Et toute saoule

de mes sens excités par ces traînées humides

qui rougissent mes yeux aux prunelles limpides

je me laisse envahir par la douceur montante

que procure le chagrin dans sa fin délivrante.

t

h

flaming_20june

Flaming

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16 septembre 2009

Loin derrière les sourires

loin derrière les sourires
là-bas se dresse mon île
sans peur, vraiment sans ire,
ma solitude faite ville

parfois d'autres y accèdent
dansent en moi de leurs mots
mon obstination cède
avant de fermer, clos

penser ensemble, jouir seul
oui partager ce temps
sans les discussions veules
décourager le printemps

oui, il m'est un grand rêve
d'une vie que j'aimerais
non pas plus folle ou brève
mais sans ces couperets.

oublier les grands cercles
en créer de meilleurs
redessiner des siècles
voir venir son heure.

quelle heure sonne la révolte
il faut trop de patience
pour rester dans sa grotte
et y tenter sa chance

mon ignorance est telle
oh, ne pas te connaître,
toi, humain, il ou elle,
même en te voyant naître.

souffrir de toute présence
vomir en toute conscience
les voix et les visages
les différences, les âges

non pas toi qui me vient
tu es le bienvenue
n'y vois là aucun frein
à chez moi ta venue

perspective d'un retour
de mes petites humeurs
au sein de nos amours
devra attendre son heure

poliakoff
poliakoff

poliakoff
Serge Poliakoff

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29 juin 2009

Rencontre dans la nuit

r

Rencontre dans la nuit d’un cœur inanimé

Recevant le baiser de ta vie : l’Infini

Dans l’échange des souffles, mon corps émerveillé

Se réveille appuyé sans aucun appui

k

Les mots sont impuissants et déflorent d’eux-mêmes

Le silencieux phrasé, la douceur des heures

Passées à tes côtés, et l’extrême lenteur

Des caresses en secret qui font mon âme humaine

h

Et toi qui donnes tout, et moi qui donne à peine

Ce que si peu je puis, je vais à toi nourrir

Ma faim de l’Eternel, je vais en toi jouir

De ta présence frêle qui m’aspire et m’entraîne

j

Car la simplicité de l’abandon suprême

Où tu t’es déposé, et m’émeut et m’appelle

Alors pour t’honorer, mon Roi, je renouvelle

Mon don de l’ordinaire où j’avoue que je t’aime

j

douanier_rousseau_le_r_ve

le Rêve

Douanier Rousseau

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22 juin 2009

Le sonnet tremblant

Je vis dans un espoir éternel, infini
mon heure de labeur ne connaît point de répit
étranger au monde sourd, je danse à l'abri
de ceux qui jadis
prirent le nom de mes amis.

Mon Dieu, partez! Entendez! Fuyez, mais fuyez!
Quittez maintenant ces rives amères faites de peine!
Abandonnez ceux que vous serrez avec haine,
vous étouffez ce qui est sain, vous l'étranglez...

Offrez donc vos vies à des déesses inutiles,
toujours pensez-vous seuls, gavez-vous de futile,
gargarisez-vous dans l'effroi de l'egoïsme!

Tout est perdu, tout est perdu, quel héroïsme!
Pour ça, nous sommes quittes. Je rage, je serrre les poings!
Ouste violence! Cet abîme m'emporte donc. Loin...

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