08 février 2010
Ôde de la couturière dépassée...
Je me bats, me débats arme à la main
sur mon tissu je tends sans cesse mes fils
à petits points je me raccroche, demain
trouver le vrai moment de coudre tranquille
Mercière où coulent les rivières de boutons
rubans, feutrine, milleraies, soie et coton
je garde en mémoire tes grosses bobines
aux couleurs arc-en-ciel des magazines.
Mais, aiguille, pique, pique mon coeur bien droit!
Zig-zague sans relâche ce joli croquet!
Démmêle-moi tes épais galons froids
et fais-moi râler toujours en hocquet.
Poser une, dix idées sur un dessin,
et par magie du patron qu'il devient
chercher le crêpe, le biais, l'étoffe rêvés
filer, surfiler, coudre, découdre, broder
Mais, foncièrement insensible aux matières
Liberty, coton, gabardine ou laine,
telle Pénélope, je ne sais plus que faire
et disperse en vous cette honte, ma gêne.
de savoir que jamais, ô grand jamais,
je ne saurais coudre ni rivaliser
ce que ma tête crée, invente mais
j'aurai toujours loisir de les trouver!
01 février 2010
Hommage.
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Rendre hommage, c'est mon voeu, à l'auteur de ces pages
Que mes yeux en glissant ont bues, émerveillée,
à ces mots assemblés comme sable en rivage
Qui ouvre à l'Infini le pont de sa jetée.
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Rendre hommage à l'éveil de la pensée sauvage
Où l'âme ensoleillée révèle sa beauté
Et s'étire, apaisant au puits de ses passages
Le désir et la soif de vivre enraciné.
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Rendre hommage au talent, serviteur de l'ouvrage,
Simple, sans renflement, qui vient apprivoiser
Le lecteur précieux auquel il partage
Les secrets découverts d'une vie achevée.
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Rendre hommage à la femme, et sentinelle, et mage,
Qui devine et révèle, qui éclaire et bénit,
Et livrer aux amis le titre de ces pages,
D'un livre que j'aurais aimé avoir écrit.
25 janvier 2010
Je suis pas drôle
Je ne suis pas drôle.
C'est quoi ce lyrisme douteux
il faut que je change de rôle,
que je me reprenne, ce serait mieux.
Ce matin ecore je me le répétais
ou bien était-ce la voix du Slave
qui me provoquait!
"ce qu'on s'ennuie avec toi, grave"
Ok, j'avale mon cachet et quitte ma peine
pourtant je l'aimais et la haine
de jeter des mots choisis sur du papier
pour en avoir le coeur serré...
Mais poète, je ne le suis pas
il me manque la casquette et du poil en bas
(je veux parler du menton)
la chemise qui sort et la peau de mouton.
Pourquoi je ne suis pas marrante?
C'est évident pourtant
je voudrais être celle qui chante
et dont on se souvient en riant.
11 janvier 2010
Dédicace.
Qui es-Tu, Seigneur, et que veux-Tu de moi ?
A Tes pieds je repose chaque jour et Tu vois
En moi le champ ouvert de mon cœur esseulé
Le combat et la peine, la fuite et la piété.
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Aie pitié de moi, je ne Te comprends pas
Je Te cherche, je T’attends, je vis quand Tu es là
Mais dès que Tu Te tais, le tout humble ignoré,
Mon cœur inhabitué ne peut plus se porter.
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Qui es-Tu, Seigneur ? Toi qui réconcilies
En toi les paradoxes qui rythment l’existence
Et qui me font douter de ma raison qui fuit
Tant Tu m’attires à Toi par Ta seule puissance.
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Qui es-Tu, Seigneur ? Je ne connais de Toi
Que ce que Tu me donnes, et je fonde en ma foi
Une espérance folle. Tout en Toi me dépasse
Quand Tu veux je comprends, quand Tu veux je m’en passe.
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Ta douceur m’éduque, Ta bonté me conduit
Et quand mon cœur tiédit, Tu m’attends, Toi l’Ami
En qui se réunit tout ce que l’âme oppose :
Dans mes larmes à tes pieds ma raison je dépose.
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Jésus, Tu meurs pour moi, et Ton bois me rend fou
Car Tu veux tout de moi, dans Ton désir jaloux :
Tu veux mon corps aimant soumis à ta passion
Pour vivre amoureusement la joie de l’oblation
.
Tu veux mon esprit ferme, logique et acéré
Abandonnant ses armes, humblement enseigné
Tu veux mon cœur vidé du trop plein de moi-même
Pour le rendre capable d’entendre que Tu m’aimes…
.
Toi qui Te caches en moi et qui soutiens le monde
Ton amour m’émeut quand Ta grâce m’émonde :
J’accepte de n’être rien si je suis tout pour Toi
J’accepte que mon bien croisse au pied de Ta croix
.
J’accepte l’Infini réuni dans l’Hostie
J’accepte l’effusion, le joug de l’Esprit
J’accepte que ma misère me révèle le Père
J’accepte les ténèbres car j’attends Ta lumière
.
Car j’attends tout de Toi, divine Trinité
Si je ne comprends pas, mon âme veut T’adorer
Malgré tout, malgré moi, avec moi, et en tout
Pour que toujours ma vie vive de Ton amour fou.
.

La Tour
14 décembre 2009
Gorgée de Désir
Corps tendus dans une position de transe
Louange, éloge, désarroi m’encensent.
L’angoisse de Te voir engourdi ma vision
Hérissé, j’attends troublé : ton apparition.
Et lorsque surgit en rêve mon obsession
Ta voix et ton visage ne sont que fiction.
Et dès lors s’empare de moi l’affolement
Fruit stérile, discours de mon saisissement.
Chimères de mon âme, vaines songeries
Illusion, apaisement de mes sens brûlants,
Que me fatigues-tu ainsi en m'appelant?
Austère et burlesque cauchemar dont on rit
Tu me libères de Ta manifestation
Par un relent subit de glorification.
07 décembre 2009
L'instant
D’abord prendre conscience avec sincérité
Que l’esprit ne fait pas seul notre humanité,
Mais qu’il lui faut un temps, un espace et un corps
Pour se nourrir et croître et prendre son essor.
.
Peser l’humilité de ce corps solidaire
Qui pour nous édifier sait habilement se taire
Jusqu’à l’heure de l’éveil où nos sens reflètent
Notre vraie pauvreté, de peau et d’os faite.
g
Et choisir de s’aimer. Ecouter le silence
Si concentré du corps qui se livre au présent :
Le cœur qui bat, la tempe qui bourdonne, le sang
Qui vibre ; et du réel mesurer l’essence.
h
Puis choisir de L'aimer, l'Amant inépuisé,
Lui qui soutient nos vies encore inachevées ;
Car c’est là qu’Il se donne et rend notre impuissance
source de charité jusque dans nos souffrances.
g
Alors confiant au Père la tâche de guérir
Les marques du passé et les vœux d’avenir,
Notre vie dilatée en canal de grâce
Goûtera l’Eternel dans le temps qui s’efface.
f
Turner
g
30 novembre 2009
A Irena, A kum Novak...
Procession d'entrée
Ce n'est pas mon tour, ce n'est pas mon jour
pour louer Dieu et ses saints, tout l'amour.
Je profite de l'abandon de Libel
pour pousser quelques vers, vers l'Eternel.
Sonnet pour Nenad
La mort est à nos portes, sachons la reconnaître
elle s'invite dans nos foyers, s'apprête pour renaître
elle emporte avec elle tant et tant de nos vies
pas seulement un corps, une famille, des amis.
Lors quand l'appel débarque, tout est bien trop soudain,
on écoute et on s'en veut à peine d'y répondre
délaissant pinceaux, couleurs pour mieux se confondre
ses toiles, l'accent de la création, ses mains
mais si cruelle sois-tu, funeste, sauvage nouvelle
ne saurais-tu nous laisser finir nos chandelles
pour ce soir encore venir faucher sous nos yeux
un artiste, un ami, un frère et un amant
s'envolent avec lui joies et fêtes du temps d'avant
prions car il s'en va rejoindre en silence Dieu
Envoi
Il est tard, coeurs blessés de ceux qui savent
que déjà demain tu ne seras plus
de la peinture que tu laisses sort la lave
comme le dernier souffle que tu n'as plus su
Dame Libel, pardonne ces mots sourds et gauches
je laisse vite la vraie la place à ton ébauche
que ces vers pleins d'espoir apaisent les miens
enroulés dans un infini chagrin
23 novembre 2009
Loin, loin
Loin, loin derrière les nuages, il y a ce cri
Le son étouffé de tes pas, tu pars déjà
me laissant face contre terre blessée dans la joie
je t'appelle, oui, de toute mon âme qui se languit
mon coeur, de te savoir disparu, s'endurcit
je te fête sans relâche et je rêve d'un monde coi
plus fidèle au défilé de mes jours j'octroie
parenthèse où j'écrase les glèbes de mon ennui
et toi qui me fuit, ne sais-tu plus revenir
que pour hurler mon oubli, je préfère le pire
je me repends, je me repends, je me repends
pas de peine mon ami ne sois plus chagrin
nous sommes tous humectés dans le poids des ans
derrière les nuages, il y a ce cri, loin, loin
Ivan Tsarevitch et le loup gris, Victor Vasnetsov
09 novembre 2009
Ressemblance
Naître nus dans ce monde que nous devons soumettre
Comme les premiers amants dont la chair s’est trouvée
Recevoir de nos pères à l’image du Maître
Des premiers vêtements aux plis de nos pensées
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Grandir : avoir pour être, avoir puis renoncer
Accueillir, recevoir, et non plus posséder :
Vivre et se reconnaître avec honnêteté
Pauvres de n’être pauvres, et s’admettre incarnés
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Et bâtir dans le temps, à notre convenance,
Selon ce que nous sommes, ce que nous recevons,
La courbure de nos traits faite à la ressemblance
Du désir où notre âme pose ses fondations.
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Qu’il est puissant et juste le cri de l’ecclésiaste
Qui des larmes du monde contient l’océan,
Car toujours aveuglés par le manque ou le faste,
Nous pleurons sur nos morts notre dépouillement.
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Pourtant plus désireux que nos cœurs désireux
L’humble et doux, le petit, le tendre Dit de Dieu
Espère en nos consciences couler sa voix profonde
Et conformer nos âmes à sa face féconde
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Pour nous transfigurer, pour nous combler de tout,
Du Tout qui n’est que Lui et qui se livre à nous.
Et nous, devant le choix qu’est Sa vie ou Sa mort,
Allons-nous Le tenir pour unique trésor ?
g
le prêteur de Q. Metsys
g
g
19 octobre 2009
Bergamote, elles sont où tes bottes?
Il tourne en rond, sans un mot
attendant sûrement que lundi passe
et puis mardi aussi, tourne autour du pot
la semaine est longue avant qu'il ne trépasse.
Inlassablement il refait les mêmes coins
dans cette ambiance humide
il s'étonne des expressions dont il s'oint
lorsque tout son élément sera putride.
Sans jamais se presser, sans nervsoité
il continue son infini labeur
il cherche, il trie, tête baissée,
son engagement n'est pas un leurre.
Je le vois qui rumine encore et toujours
mais ne comprends ses signaux,
on me dit qu'il rêve d'amour
et que parfois il en éclate en sanglots.
Dénué de tout charme et sans guère de style
il s'habille de couleurs écarlates
qui pourrait le voir, le prendre en estime
aussitôt sa colère éclate!
Regardez juste cette bouche trop grande,
et ces bras si mous...
que pourrait-il bien prendre
sans tomber à genoux?
Non,vraiment je le regrette,
et quoiqu'en pense mon amie Libel
je ne l'aiderai pas dans cette quête
plutôt me couper les ailes!
Car, croyez-moi bien,
il m'est suffisant de passer derrière un
pour n'en réclamer plus avant
même ayant deux pieds marins!
Aussi je refuse toute conversation
à son sujet ou à un autre,
si telle est votre intention,
ne me jugez pas, je suis des vôtres.
Je vous laisse devinez, mes bons amis,
la morale de cette courte poésie.
Il s'agit d'un être cher
qu'il nous faudra un jour rendre à la mer...





